dimanche 19 juin 2011
Henri Thomas
tu n'as rien lu de Henri Thomas; tu devines que bientôt on t'aura donné quelques titres de romans - mais tu te demandes pourtant maintenant ce que "roman" veut dire; est ce que c'est un certain nombre de pages, de personnages qui définit le mot "roman" ? est ce que tu es d'accord avec la couverture de Perec qui en 1978 sous-titre "la Vie mode d'emploi" Romans, est ce que des nouvelles ce sont bien de petits romans ? - mais tu as envie d'entrer chez cet auteur. Alors ce livre là te comble. Plein de voisinages fastueux, de Bergounioux à Pirotte, Ortlieb, Garcin, Goffette et tous les autres, et une somme de petits textes inédits, de carnets, poèmes, d'une étonnante correspondance avec Adrienne Monnier, et tout une biographie qui situe l'auteur dans son contexte. Tu aimes bien ce livre là qui est si peu un roman, que tu peux ouvrir à n'importe quelle page sans perdre le fil, comme tu fouillerais dans un grand buffet de cuisine pour ton plus grand bonheur.
jeudi 16 juin 2011
à propos de Gilles Ortlieb
Gilles Ortlieb est un vrai habitué de LSC: alors on a bien envie de citer "Le Monde " (Monique Petillon) de ce soir :
(...) Sa tâche ? Voir et décrire : "On se déplace, on note, enregistre, constate, mais on ne fera jamais le tour de ce que l'on voit." Moraliste ? A sa manière : "Peut-être n'ai-je tant tourné autour de ces lieux (friches, mines condamnées, sites industriels, commerces éteints) que pour différer le moment d'avoir à répondre de la tristesse qu'ils secrètent." Ainsi nous livre-t-il, à travers rouille et poussière, un Memento mori : le message que "ces lieux nous adressent (...), et signifiant en substance, comme on peut le lire à l'entrée de certaines catacombes : "Nous avons été ce que vous êtes, vous serez ce que nous sommes."
TOMBEAU DES ANGES
de Gilles Ortlieb. Gallimard, "L'un et l'autre", 120 p., 18 €.
LIQUIDATION TOTALE.
Le temps qu'il fait, "Corps neuf", 96 p., 17 €.
dimanche 29 mai 2011
tu prépares LSC 2011
tu as été vraiment saisi par ce livre de Jean-Christophe BAILLY ("Description d'Olonne") que tu crois une excellente introduction à son oeuvre
Tu es conquis par la langue, le style, et la puissance d'évocation aussi. Et puis après l'avoir lu, si on te demandait la différence entre prose et poésie, comment diable saurais tu répondre ? D'ailleurs la même question se pose pour tous les auteurs qui pratiquent peu ou prou une prose de "fragments". Agacé, tu te dis que cette question n'est vraiment pas bien posée, qu'elle est artificielle, scolaire. La question en effet n'est plus du tout désormais la forme des choses, mais bien de proposer au lecteur ce qui dans la littérature touche à l'émotion, et peut être à la plus fragile de toutes, la nostalgie, cette forme (sup)portable de la mélancolie.
et tu peux écouter ici une conférence de JC Bailly à la BNF
On y apprend beaucoup.
jeudi 26 mai 2011
PROGRAMME 2011 à diffuser et imprimer ! (cliquer les images)
voici enfin le PROGRAMME 2011 de LSC: à imprimer, et puis n'oubliez pas de vous inscrire pour les buffets littéraires (moment délectable à partager) ! et commencez à lire quelques livres pour vous préparer aux lectures, à bientôt
dimanche 8 mai 2011
erri de luca
tu te souviens de cet après-midi de Juillet rue Juiverie en 2008. Le visage de de Luca te paraissait sévère, mélange d'une réserve anglo-saxonne, et d'une chaleur napolitaine: exigeant et ascétique, comme te parurent ses textes (tu aimais leur brieveté qui te semble une marque de talent: c'est en quelques pages seulement que l'histoire doit emmener le lecteur. Bien plus de chance alors de toucher la cible). Sur France Inter cette semaine, la voix et le style sont intacts.
Erri de Luca par franceinter
Quand il était venu à Vienne, on était en plein dans l'affaire Petrella, - il disait qu'il ne reviendrait plus en France si elle était extradée . Tu te souviens aussi à la fin de la lecture, de cette étudiante en lettres venue de Paris qui l'interviewait depuis un long moment sous le gros platane), et plus tard des moments où il s'isolait pour écrire dans un petit carnet. Italie, écrivain, poésie; alors tu songes au Facteur que tu viens de relire: le film est tourné à Capri, mais le lieu de l'histoire c'est l'Ile Noire.
dimanche 1 mai 2011
portugal
ce dimanche tu avais acheté de la morue, pour la faire dessaler une journée entière et l'accommoder ensuite à la vapeur avec brocolis, carottes et patates et un filet d'huile. Un moment, par la magie de l'assiette tu te sentais portugais, frère de ce peuple fait d'un alliage solide d'un esprit paysan, et de la fine culture de Lisbonne, de ses musées, de ses rues assourdies dans l'Août matinal. Tu aimes bien ce peuple devenu modeste qui vit sur des rêves d'autrefois et que l'Atlantique berce, comme pour oublier sa dette économique. Tu avais vraiment aimé aussi ces deux jours passés à Vienne avec Michel Chandeigne, et la manière dont il racontait sa surprenante rencontre avec le Portugal -qui te faisait penser à ton voyage de noces il y a très longtemps. Puis tu avais dévoré Lobo Antunes (ses lettres d'Angola puis Connaissance de l'enfer et les autres) et pris goût à cette folie ordonnée qui défie la notion même de roman, et enfin acheté à la "Boucherie" rue Monge les Intermittences de la mort de Saramago.
samedi 30 avril 2011
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