mercredi 6 mai 2015

Lettres sur Cour, la suite !

Les Petites Fugues / Yves Yersin
Yves Yersin est un réalisateur et producteur de télévision né en Suisse en 1942. Ce touche-à-tout aux curiosités multiples est l’auteur de nombreux films « ethnographiques ». En 1971, il avait rejoint le Groupe 5, qui inaugura un véritable âge d’or du cinéma helvétique, avec notamment Tanner, Soutter ou Goretta. Les Petites Fugues, film de fiction illuminé par la présence de Michel Robin, est une merveille de justesse et de tendresse.

Film, le lundi 22 juin à 20h,  Multiplex Les Amphis, en partenariat avec Ciné Clap,

Bibliothèque de plein air
Les livres des auteurs invités, leurs bibliothèques idéales sont à découvrir ou à retrouver sous une tente près de la scène de Cybèle.

Tous les après-midi, du 26 juin au 11 juillet, de 16 h à 20 h, au Jardin de Cybèle


Lectures de plein air
Les Mots passants liront des textes des auteurs invités, près de la tente de Lettres sur cour.

Les 27, 28, 29 et 30 juin à 18 h, au Jardin de Cybèle


Remise des bourses d’écriture de la DRAC Rhône-Alpes et de la Région Rhône-Alpes,
en collaboration avec l’Agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation
Décernées chaque année par une commission indépendante, ces bourses de création ont pour objectif de contribuer à « donner du temps » à des écrivains pour mener à bien un projet d’écriture et de publication.

Le vendredi 3 juillet à 16h30. Cour de Carmes


Lecture Fluviale
avec Laurent Bastide, Marie Ruchat et Marianne Salmon (récitants), Lemny Scate (musicien)
Lecture mise en espace par Michel Tallaron
Textes d'Henriette Guex-Rolle, Jean Tardieu, Tarjei Vesaas, Maurice Chappaz...

"Comment raconter le voyage et décrire le fleuve le long duquel, autre fleuve, existe le voyage, mobile et immobile, sans commencement ni fin." (Osman Lins)
Entre le Valais et la Camargue, terres de solitude, le fleuve nous dévoile des paysages extérieurs et intérieurs.

Lecture, le dimanche 5 juillet à 15h. Verrière des Cordeliers, Sainte Colombe

Marion Graf et la Revue des Belles Lettres


©Yvonne Böhler

Marion Graf est à la fois critique littéraire et traductrice, depuis l’allemand (en particulier de Robert Walser, chez Zoé, avec un Prix André-Gide pour Le Territoire du crayon, 2003) et le russe (Anna Akhmatova, Boris Pasternak). Elle dirige actuellement La Revue de Belles-Lettres, qui a fêté ses cent cinquante ans. Une longue histoire, donc, qui est aussi celle de choix d’une qualité et d’une exigence rares. Les noms des écrivains que la revue honore de numéros spéciaux, hors de toute mode, ne pouvaient que faire apparaître nécessaire une rencontre. Et c’est à Marion Graf que l’on doit l’essentiel du programme 2015 de Lettres sur cour.

Buffet littéraire : « Les Editions Zoé et La Revue de Belles-Lettres », le vendredi 3 juillet à 12h. Cour des Carmes

Buffet littéraire : « Philippe Jaccottet par ses traducteurs », le samedi 4 juillet à 12h, présenté par Marion Graf. Cour de Saint Louis.


Buffet littéraire : « Robert Walser par Marion Graf », le dimanche 5 juillet à 12h. Cour du Collège Ponsard

Marlyse Pietri et les Editions Zoé

©Yvonne Böhler

En 2011, Marlyse Pietri a laissé à Caroline Coutau, sa « fille élective », la direction des Editions Zoé. Zoé, précise-t-elle, désigne en grec la toute première forme de vie. Traductrice et historienne, elle donne ce nom à la maison d’édition créée en 1975, qu’elle développe seule à partir de 1982, lui assurant notamment une vraie diffusion en France, jusqu’à un Prix Fémina pour Matthias Zschokke. «Je viens d’un milieu presque fondamentaliste, très rigide, déclare-t-elle. Ma famille était darbyste, un petit groupe protestant. Les rapports avec le monde étaient largement interdits, mais la lecture et la musique étaient autorisées. »

Buffet littéraire : « Les Editions Zoé et La Revue de Belles-Lettres », le vendredi 3 juillet à 12h. Cour des Carmes

Robert Walser par Marion Graf

© Robert Walser-Zentrum

On ne peut ramener à sa maigre vie apparente l’existence de Robert Walser (1878-1956), qui ne quitta sa Suisse natale que pour un séjour à Berlin assez court mais qui apporta trois romans essentiels : Les Enfants Tanner, Le Commis, L’Institut Benjamenta. Le temps du retour, pourtant, avant le second enfermement et le silence littéraire après 1933, sera plus productif encore. Des traductions dues pour l’essentiel à Marion Graf et éditées par Zoé ont rendu accessibles en français de nombreux textes publiés ou préparés pour des recueils ou des journaux, et des « microgrammes » dont il fallut décrypter les écritures miniatures, réunis en un volume, Le Territoire du crayon.

Ma manière de penser, à l’époque, avait parfois quelque chose qui rappelait un moineau. Les moineaux surgissent tout d’un coup, avec toute la force de leur évidence, pour aussitôt, avec la même parfaite complétude, s’éloigner en dansant, ou s’évaporer. Pour ce qui est de leur apparition ou de leur comportement, ils sont totalement saugrenus ; leur cocasserie vient de ce qu’ils ne sont pas du tout problématiques à leurs propres yeux, qu’ils sont d’une étourderie exemplaire, et en un certain sens unique.

(J’étais un moineau, in Nouvelles du jour, Zoé Poche, 2009.)


Buffet littéraire : « Robert Walser par Marion Graf », le dimanche 5 juillet à 12h. Cour du Collège Ponsard

Charles-Albert Cingria et Denis Cuniot


©Centre de recherches sur les lettres romandes, Lausanne

« Mon âge : douze ans et demi et trente-six millions. Mes origines : le paradis terrestre. » Si Charles-Albert Cingria naît en 1883 à Genève, et y meurt en 1954, ses origines sont picardes et polonaises par sa mère, turques et dalmates par son père. Et sa famille est catholique romaine. Salué en son temps par Cocteau, Max Jacob ou Jean Paulhan, ami de Satie et Jarry, vénéré plus tard par Jacques Réda, notamment, ce magnifique original à la langue d’une agilité vertigineuse fut l’auteur d’une oeuvre multiple qu’il dispersa entre revues et gazettes.

Un bruit, le seul, à part ce torrent momentané des feuilles sur quoi éclate la lune, est ce grincement mutuel - sexuel – de deux bois profondément encaustiqués, l’un, ocre, de vieux miel de frelons, l’autre grenat comme le porphyre de certaines gaules des saules, et c’est mes jantes. Je suis heureux de ce siècle, heureux de ce sable, heureux de ma selle Brooks aux exquis craquements.
(Bois sec Bois vert, « L’Imaginaire », Gallimard, 1983.)


« DENIS CUNIOT, au piano, lit CHARLES-ALBERT CINGRIA », au Musée archéologique de Saint Romain en Gal, le jeudi 2 juillet à 16h.


Denis Cuniot, musicien né en 1953, s'est immergé dans les musiques juives de l'Europe centrale et orientale, notamment en duo avec des clarinettistes. Il est conteur et pianiste à la fois, et virtuose raffiné en l’un et l’autre domaine. Il a reçu en 2007 le prix Musiques du monde de l'Académie Charles-Cros pour son disque Confidentiel Klezmer, chez Buda Musique comme le plus récent Perpétuel Klezmer. 



Jean-Pierre Lanarès et Annie Claude Sauton




Jean-Pierre Lanarès et Annie Claude Sauton liront des extraits des œuvres de Philippe Jaccottet, accompagnés par Eduardo Kohan au saxophone, le samedi 4 juillet, à 17h. Cour de Saint Louis.

mardi 5 mai 2015

Arina Kouznetsova

©Boris Lejeune

Arina Kouznetsova a connu une enfance « soviétique », dans la Kolyma sibérienne, et en compare étonnamment les montagnes basses aux paysages de Grignan où vit Jaccottet - avec seulement, au lieu des vieilles pierres, « des fragments rouillés de ronce artificielle et des ossements humains ». Elle a entrepris, après Paysages avec figures absentes, de traduire en russe la totalité de l’oeuvre de Jaccottet, cet homme « surnaturellement honnête », ce « réaliste au sens supérieur » capable de «replanter la forêt spirituelle ».

Buffet littéraire « Philippe Jaccottet par ses traducteurs », le samedi 4 juillet à 12h, présenté par Marion Graf. Cour de Saint Louis.

John Taylor


© Caroline Francois-Rubino

John Taylor, écrivain, essayiste et traducteur américain, vit en France depuis 1977. Six de ses livres ont paru en traduction française, dont le plus récent est La Fontaine invisible (Tarabuste, 2013). Il collabore à plusieurs revues littéraires anglo-saxonnes, dont le Times Literary Supplement. Il a traduit Philippe Jaccottet, mais aussi de nombreux poètes, dont Jacques Dupin, Pierre Chappuis. Ecrivain, il « est de ceux, rarissimes, qui ont le sens de la gravité, une dimension » ( Calaferte).

Buffet littéraire « Philippe Jaccottet par ses traducteurs », le samedi 4 juillet à 12h, présenté par Marion Graf. Cour de Saint Louis.

Philippe Jaccottet

© FLORENCE PONCET

Philippe Jaccottet aura cette année quatre-vingt-dix ans. Et la Bibliothèque de la Pléiade a réuni ses œuvres en un volume, dirigé par l’écrivain et critique suisse José-Flore Tappy. Celle-ci termine ainsi sa préface : « On rêve d’un ordre souverain, d’un murmure soutenu, et l’on n’en sauve que de vagues fragments », écrivait Jaccottet en ouverture d’Eléments d’un songe, en 1961. Ce rêve ne cessera de porter sa voix, jusque dans ses hésitations. Dénué de toute vocation prophétique ou idéologique, sans message moral ni mission, l’écrivain ne pourra que s’approcher d’une harmonie perpétuellement fuyante. »

Un paysage vu « in extremis » (sans qu’on éprouve à le surprendre ainsi nulle mélancolie, au contraire). Quelque chose qui s’émacierait, se décanterait avant de s’effacer ; se transfigurerait, si l’on veut, mais modestement, en passant presque inaperçu, en se cachant. Quelque chose d’ultime, ou mieux : de pénultième ; presque déjà de l’obscurité et d’une certaine manière, infranchissable ; (…) une élucidation? Nullement : un autre état des couleurs, quelque chose comme leur propre souvenir, leur adieu contenu dans leur présence.
(Couleurs, là-bas, in Et néanmoins, Pléiade p. 1112.)

lundi 4 mai 2015

Eduardo Kohan

© J.C.Hernández

Eduardo Kohan, saxophoniste, accompagnera les lectures des auteurs invités les 3 et 5 juillet ainsi qu’à la lecture des textes de Philippe Jaccottet. Il est né à Buenos-Aires en 1949 et vit à Genève depuis 1976. Il compose pour le théâtre et le cinéma et, notamment avec son groupe Libertango ou au sein du duo Tango nomade, il a participé à de nombreux festivals en Europe et dans le monde.

Les lectures accompagnées : le vendredi 3 juillet à 17h30, Cour des Carmes le samedi 4 juillet à 17h, Cour de Saint Louis ; le dimanche 5 juillet à 17h, Cour du Collège Ponsard